Réfléchir sur Hitler….
" D'importantes questions demeurent en suspens. Dans ce processus catastrophique, qu'y eut-il de propre à l'Allemagne ? De propre à l'époque ? En quoi participait-il d'un malaise européen plus général ? Ce qui est arrivé est-il un produit et un trait caractéristique de la civilisation moderne elle-même ? Son potentiel sommeillerait-il encore parmi nous ? Serait-il même partiellement résurgent à l'heure où le siècle s'achève ? Les douze années de régime hitlérien ont définitivement changé l'Allemagne, l'Europe et le monde. Hitler est l'un des rares individus dont on puisse dire avec une absolue certitude : sans lui, le cours de l'histoire eût été différent ".
"Pourquoi parler de la violence? Ce n'est pas une simple question de rhétorique. Certains manuels, et des plus classiques, n'abordent la question qu'après avoir décrit les aspects plus ordinaires du régime - politiques, économiques, culturels. Non certes pour minimiser l'importance des appareils et des méthodes de répression, mais plutôt pour en faire le couronnement du système, la marque caractéristique de sa radicalité, et pour passer ensuite par une transition naturelle à l'histoire des victimes, persécutés et résistants, de sorte que le tableau s'achève par ceux qui ont sauvé l'honneur du peuple allemand. D'autres procèdent à l'inverse, et l'on suivra ici leur exemple: commencer par décrire la violence, c'est sans doute reproduire plus fidèlement la perception des contemporains, c'est aussi refuser les excuses que présentent a posteriori des conservateurs, au nom d'un historicisme apparemment scrupuleux : « II n'était possible à personne, entre 1933 et 1935, de prévoir, ne serait-ce que de loin, ce qu'allaient être un jour les crimes des nationaux-socialistes »…
|